Dans l’ombre de ce remaniement ministériel, une autre course se joue pour remporter un siège important sur l’échiquier politique. Il s’agit du poste d’ambassadeur à Paris qui demeure vacant depuis décembre 2016 date à laquelle  la Présidence de la République a  “rappelé” officiellement Amar Bendjemaa.

Etre ambassadeur de l’Algérie en France est une fonction aussi importante que celle de ministre au gouvernement. Au regard des relations très stratégiques et particulières qui unissent les deux pays, ce poste revêt une telle importance qu’il suscite de longues négociations et des interminables conciliabules dans les salons très secrets du régime.

Jusqu’à cette heure-ci, deux noms sont cités pour occuper ce poste. Il s’agit de l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ou de l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Ramtane Lamamra, qui vient de quitter le gouvernement. Il faut dire que les deux hommes n’ont  rien de commun. Lamamra est un diplomate chevronné et très expérimenté apprécié par ses pairs au niveau des institutions internationales. Il dispose d’un large réseau dans les arcanes de ses institutions avec lesquelles il a collaboré régulièrement durant toute sa carrière. Cependant, Lamamra n’est nullement apprécié par Paris.

Considéré par les milieux proches de l’Elysée comme un leader “anti-français” qui a longtemps dérangé les lobbys français sur la scène africaine, Alger risque de froisser une France qui vient d’élire fraîchement un Emmanuel Macron désireux de retrouver un climat serein et amical entre les deux pays. Le choix de Lamamra reste donc problématique en dépit de sa longue et importante expérience. Le poste d’ambassadeur à Paris pourrait, dans ce contexte, être confié à Abdelmalek Sellal. Une désignation à travers laquelle Abdelaziz Bouteflika remerciera son ancien poulain pour sa loyauté durant toutes ces longues années.

Mais cette option n’a pas encore été retenue car Sellal pourrait être chargé d’une autre mission : s’installer dans le sénat et continuer à défendre la politique de Bouteflika au sein de cette institution qui devra valider de nombreux projets de loi à travers lesquels les proches de Bouteflika veulent façonner l’Algérie d’après leur propre agenda. Le suspense demeure donc entier et Paris s’impatiente de connaître le nom du futur ambassadeur Algérien.