L’Algérie vient de connaître un bouleversement politique majeur. Sellal, l’homme qui dirigeait le gouvernement algérien depuis septembre 2012 a été remercié, pour ne pas dire “limogé”, par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. L’homme qui a dirigé à deux reprises les campagnes électorales du candidat Bouteflika a été poussé vers la sortie dans un contexte très particulier. 

Crise financière, une élite politique médiocre, un gouvernement impopulaire et un chef d’Etat quasi absent à cause de la maladie qui le ronge depuis 2005. La situation politique de notre pays est digne d’un véritable feuilleton mélodramatique. Et Abdelmalek Sellal a toujours joué les pompiers de service. Sur le terrain, il a remplacé Abdelaziz Bouteflika pour exécuter la sale besogne. Partir à la rencontre de la population algérienne, faire des discours populistes et rassurer une opinion publique éternellement livrée à l’incompréhension et aux incertitude.

Depuis 2012, Sellal a tenté de jouer le rôle du 2e homme. Aujourd’hui, sa mission s’est terminée par un échec retentissant. Le premier échec est celui d’avoir pas su préserver l’union d’un gouvernement miné par les luttes de clans. Sa guerre froide avec Abdesslam Bouchouareb a sapé la stabilité de l’exécutif. Les deux hommes se sont livrés à de nombreux duels politiques sur fond de polémiques médiatiques.  Le deuxième échec est certainement son populisme exagéré et ses dérapages linguistiques qui ont délégitimé l’Etat en faisant de sa fonction la risée des réseaux sociaux et des salons des chancelleries occidentales.

Enfin, l’homme a surtout échoué à élaborer un consensus politique avec toutes les formations politiques pour former un gouvernement dont il aura la charge de présider à la suite des résultats des élections législatives de mai 2017. Mokri du MSP a publiquement humilié Sellal lorsqu’il avait annoncé sur Facebook qu’il vient de recevoir une proposition de rejoindre le gouvernement. Une proposition que le MSP refusera plus tard pour ridiculiser encore davantage un Sellal amateur et dépourvu de ruse.

Une tare que les Bouteflika ne vont pas pardonner notamment en ce contexte politique très tendu où la survie du régime a besoin de véritables stratèges. Il reste à Sellal deux issues : devenir ambassadeur à Paris ou un poste au sein du Conseil de la Nation. Quoi qu’il en soit, ces chances de succéder à Abdelaziz Bouteflika s’amenuisent. Celui qui fut le potentiel successeur du Président risque donc de connaître sa pire traversée du désert.