C’est l’histoire d’une entreprise algérienne qui sombre dans les déficits budgétaires depuis sa création en 2007, ouverture des premiers hypermarchés en 2010. Malgré cela, ses cadres dirigeants, presque tous des expatriés, touchent des salaires mirobolants en devises. Voyage au coeur de l’obscure gestion de Numidis, l’une des filiales les plus importantes du groupe Cevital du richissime Issad Rebrab. 

Numidis, c’est essentiellement les grandes surfaces et hypermarchés Uno qui se développent à travers plusieurs wilayas. Rebrab qui rêvait de lancer le “Carrefour” Algérien s’est retrouvé, en réalité, avec une entreprise étrangement déficitaire et qui ne dégage aucun bénéfice. Et malgré les résultats financiers catastrophiques, les cadres dirigeants de Numidis touchent des salaires très élevés et en euros ! Les investigations d’Algériepart ont permis de récupérer des documents exclusifs qui soulèvent de nombreux soupçons de transferts maquillés de devises à l’étranger. En effet, pourquoi payer un manager jusqu’à 17 mille euros par mois, soit près de 200 mille euros par ans, alors que sa gestion n’a nullement permis à l’entreprise de prospérer économiquement ? Au contraire, les déficits de Numidis se chiffrent à près de 100 milliards de centimes par an depuis sa création en 2009.

Dans ce document exclusif, il est clairement indiqué que le DG de Numidis, Karim Nabi touche un salaire annuel net de 160 mille euros ! Une énorme charge pour une entreprise algérienne qui ne fait que collectionner les pertes financières.

 

160 mille euros donnés à un simple manager alors que Numidis a enregistré en 2015 une baisse de son chiffre d’affaires de 10 %. Cette baisse a atteint les 13 % en 2016. C’est dire que son management n’est guère efficace. Mais cela n’empêche guère Cevital d’offrir à tous ses cadres expatriés des salaires en euros étonnamment élevés. Dans cet autre document exclusif, il est mentionné que la directrice Business Développement, Mme Noël, a touché un salaire annuel brut de 187 446 euros. Cette expatriée a quitté son poste en mars 2017 laissant derrière elle des résultats très décevant et une Numidis plongée par la crise. Nous y reviendrons.

 

Plusieurs autres cadres expatriés touchent à Numidis des salaires élevés à l’image du directeur de l’exploitation, Rachid Annab, qui touche par an jusqu’à 120 mille euros. Une grille de salaire affolante et digne d’une multinationale, mais étrangement Numidis ne réalise aucun bénéfice et sombre dans les dysfonctionnements. Nous détenons à ce propos plusieurs rapports de commissaires aux comptes qui relèvent noir sur blanc l’étendue alarmante des déficits de Numidis comme nous le montre ce document :

Des déficits qui défilent sous les yeux des managers de Cevital alors que ces derniers continuent à offrir des salaires onéreux en devises. Algériepart s’est même procuré plusieurs rapports comptables qui indiquent les frais de fonctionnement très exagérés de Numidis. Des montants qui soulèvent de nombreux soupçons à l’image des sommes considérables dépensées au profit de plusieurs cabinets étrangers avec lesquels Numidis a noué des partenariats.

Début 2017, la situation financière de Numidis frôle la catastrophe. Depuis février dernier, Cevital a coupé ses subventions et ne versent plus les 10 à 15 milliards de centimes par mois pour couvrir les déficits de sa filiale. Un plan social a été mis en place et 10 % des 2000 employés ont d’ores et déjà été licenciés ou contraints de quitter leurs fonctions. Selon nos sources, un objectif de réduction des effectifs de 40 % est en cours de réalisation dans cette filiale de Cevital. Face à ces licenciements, les employés de Numidis se sont regroupés pour monter au créneau. Plusieurs lettres et courriels ont été adressés à Issad Rebrab et son fils Salim Rebrab, l’homme en charge de la gestion et le développement de Numidis. Des lettres qui sont restées sans aucune réponse. Algériepart poursuivra ses révélations sur cette gestion douteuse de la filiale du premier groupe privé en Algérie dans ses prochains articles.