Né le 17 novembre 1945 – Etudes : Diplômé de l’ENA – Fonctions occupées : 1975-1992 : Cadre au niveau des collectivités locales, secrétaire général successivement des wilayas d’Adrar, Batna et M’sila. Wali successivement des wilayas de Djelfa, Adrar, Tiaret et Tizi Ouzou 1991-1992 : Ministre délégué aux Collectivités locales 1999 : Ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme. 

Voici donc la biographie express d’Abdelmadjid Tebboune. Un homme qui a fait toute sa vie dans l’administration de l’Etat. Un homme qui connaît, certes, les rouages du système, mais qui semble déconnecté des évolutions récentes de l’économie moderne. A la tête du ministère du commerce, il s’est illustré par une gestion chaotique du dossier des licences d’importation. Les pénuries des produits ont massivement bouleversé le marché algérien. Et de nombreux producteurs ont été sévèrement touchés par des dispositifs réglementaires très drastiques qui les empêchent d’importer les outils productifs.

Cependant, force est de constater que Tebboune est apprécié pour son bilan à la tête du ministère de l’Habitat. Il a su taper du  doigt sur la table pour exiger le respect des délais et résister face aux diktats des puissants promoteurs immobiliers. Tebboune est réputé également pour son indépendance d’esprit. Au moment où le groupe Cevital était en conflit ouvert avec le gouvernement, Tebboune avait insisté pour que la marque OXXO, filiale du groupe de Rebrab, puisse équiper les logements publics en fenêtres. Bon ministre de l’Habitat, en dépit des retards dans la livraison des logements AADL, Tebboune a été très mauvais à la tête du département du commerce.

L’homme ignore les finesses de la finance internationale et la enjeux du commerce international. Son carnet d’adresses est limité et ses réseaux dans les milieux économiques ne sont pas guère impressionnants. En pleine crise financière, l’Algérie a besoin d’un vrai manager moderne, jeune et libéré des carcans administratifs qui formatent nos dirigeants. Le choix de Tebboune est donc très risqué. Si ce choix ne s’avère pas payant, l’Algérie paiera cash ses errances. A Tebboune maintenant de ne pas reproduire les erreurs de Sellal. Et pour ce faire, il devra composer un gouvernement formé de compétences avérées et capables et de relever le défi du renouveau dont l’Algérie cruellement besoin.