C’est un organisme très discret et beaucoup d’Algériens ne connaissent même pas son existence. Et pourtant, son rôle est stratégique et primordial dans le financement des investissements et leur développement en Algérie. Cet organisme s’appelle le Fonds National d’Investissement (FNI). 

Officiellement, depuis sa création en février 2009, le FNI est présenté comme le « fonds souverain algérien ». Il faut savoir qu’il a été doté, dès son origine, d’un capital conséquent de 150 milliards de dinars (1,5 milliard d’euros), auxquels sont venus s’ajouter 75 milliards de dinars supplémentaires attribués par la loi de Finances 2010. Pour les responsables économiques algériens, le rôle premier de ce fonds d’investissement d’Etat est d’être l’instrument privilégié de la « politique de l’offre » mise en œuvre par les pouvoirs publics à travers l’encouragement des secteurs identifiés comme stratégiques et porteurs de croissance.

Or, depuis 2015, le FNI alimente de vives polémiques dans les coulisses et les informations les plus scandaleuses circulent à propos des pratiques opaques de sa gestion. Le malaise est monté peu à peu jusqu’à ce que des voix internes s’élèvent pour dénoncer anonymement des dysfonctionnements inquiétants. Ainsi, un collectif des cadres du FNI est monté au créneau pour révéler sur internet et les réseaux sociaux des données alarmantes sur le fonctionnement de ce fonds stratégiques. Face au silence du gouvernement et du ministère des Finances, ces cadres ont épinglé les dirigeants du FNI. Dans les deux lettres de ce collectif dont nous nous sommes procuré une copie, nous retrouvons des faits gravissimes concernant des recrutements douteux, des opérations financières et bancaires qui soulèvent de nombreuses interrogations, des privilèges et avantages accordés de manière surprenante à plusieurs cadres dirigeants, etc.

Parmi les personnes qui sont pointées du doigt dans ces lettres incendiaires adressées au ministère des finances et aux plus hautes autorités du pays, nous retrouvons  Ahcène Haddad, le premier responsable du FNI, ainsi que d’autres cadres à l’image de Ali TOUDERT,
BOUKHALFA, ADOUM, EZROUG ZRAIMI ou AHMED ZAID. Nous reviendrons plus en détail sur ces accusations dans nos prochaines investigations. Nous avons tenté de joindre la direction du FNI pour obtenir des éclaircissements. Malheureusement, aucune de nos sollicitations n’a aboutie.

Signalons en outre que le FNI, en dépit de sa position stratégique, s’illustre également par une léthargie étonnante. Son internet est souvent inaccessible ! Auparavant, sur leur site internet, le dernier rapport d’activité remonte à 2014. Un manque de transparence qui choque surtout lorsqu’on sait que le FNI détient des participations très importantes dans des entreprises stratégiques pour l’économie algérienne à l’image de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy.