Nous devons intervenir pour éclairer notre public à propos d’une tentative de créer une polémique qui n’a pas lieu d’être. Le succès de notre initiative ne suscite pas toujours des débats à la hauteur de l’esprit de responsabilité qui doit présider dans ce domaine.
En effet une jeune fille à qui nous avons offert une réelle opportunité pour se faire une voie dans le monde tant convoité de la beauté et de la mode a subitement cru pouvoir s’affranchir des règles minimales d’engagement envers une organisation dont le seul but, la seule raison d’être est la mise en exergue et la perpétuation de ce savoir faire ancestral que nous ont transmis nos aïeux tout en lui donnant un visage plus en harmonie avec nos temps actuels.
Depuis plus de 10 ans nous organisons ce concours contre vents et marées, un concours à qui nous avons toujours donné un cachet familial et que nous avons préservé de toute influence pécuniaire ou contraire à nos valeurs culturelles kabyle igawawen. Nous avons d’ailleurs toujours tenu à ce que le public qui assiste à l’événement soit composé de familles admises sur invitation. Toutes les éditions du concours Miss Kabylie ont été organisées en dehors de toute considération matérielle. Le plus souvent nous avons demandé à notre entourage de contribuer à la couverture des besoins financiers nécessaires à son organisation. Notre seule satisfaction est de voire ces métiers anciens et ces arts ancestraux mis en valeur par les plus belles de notre gente féminine.
Bien que nous ayons repris un concept étranger à notre culture mais devenu universel qu’on le veuille ou non, nous avons adapté le concours “Miss” à nos besoins propres en matière de valorisation de nos arts traditionnels. Toutes les versions de ce concours mettent en avant les tenues et les bijoux kabyles. Aucune d’elle ne sort du cadre défini par nos traditions en matière de style et de types d’habits. L’art kabyle est toujours la toile de fonds des robes que proposent nos couturières et que présentent nos concurrentes. Cela n’a jamais empêché de donner libre cours à la créativité des couturières qui trouvent l’occasion de faire parler leur habileté. C’est notre vision de l’alliance entre tradition et modernité, notre manière de vivre selon les temps actuels tout en respectant nos us et coutumes. Cet événement – concours n’a jamais été pour nous une source de revenu et encore moins un moyen d’enrichissement. Nous organisons régulièrement par ailleurs un rendez-vous de la robe kabyle mis en œuvre dans le même état d’esprit.
Il est ainsi clair que le titre honorifique de Miss Kabylie oblige sa détentrice à respecter cet état d’esprit et s’astreindre à l’observation des règles du concours. La première d’entre elle est bien entendu d’être fidèle aux principes et la philosophie de vie selon nos valeurs culturelles. Elle ne peut donner une image dans laquelle ne peut s’identifier la femme kabyle et encore moins une image qui la dégrade. Il est également clair que le titre honorifique de représentante de la beauté kabyle ne peut être utilisé à des fins commerciales. Il est cependant tout aussi clair que cela ni n’empêche ni ne décourage les participantes à vouloir s’engager dans des métiers liés à la mode et ceux de la communication ou de l’audiovisuel. D’ailleurs le fait même de participer à ce type d’événement révèle une certaine attirance pour ces professions exposées.
Nous sommes conscients néanmoins que la tentation est grande pour une jeune fille de vouloir tirer profit de ce titre honorifique surtout par les temps qui courent marqués par une forme de généralisation de la course au gain à n’importe quel prix quitte à piétiner toutes les valeurs morales ou à tourner le dos à ses origines ou son identité. Mais un tel comportement expose celle qui l’adopte aux mesures adéquates de notre part et si le rappel à l’ordre ne suffit pas des sanctions plus graves allant jusqu’à son exclusion et le retrait du titre de Miss à la jeune sont prononcés. En effet ce titre n’est pas un diplôme ou une récompense qui s’obtient une fois pour toute. C’est juste le fait d’avoir été choisie pour représenter la beauté kabyle pendant une année et le retrait de cette responsabilité peut lui être appliqué à tout moment si elle faillit aux obligations liées à cette responsabilité. Nous n’apportons rien de nouveau en la matière car cette règle est commune à ce type de concours à travers le monde.
C’est ce qui est arrivé à Melle Amira MOKRANI qui a cru pouvoir prendre des libertés par rapport à ses obligations de respect des valeurs culturelles kabyles et de travail dans le cadre fixé par le règlement du concours. Nous ne souhaitons pas accabler une jeune fille qui a probablement agit sous influence et qui a cédé au mirage du gain facile en adoptant un comportement qui s’écarte de l’esprit Miss Kabylie. C’est pourquoi elle s’est vu retirer le titre comme elle pouvait s’y attendre en reniant ses engagements pris lors de son inscription au concours. Elle avait cru un moment qu’elle pouvait s’affranchir des règles de déontologie et plus simplement de celle du droit commun. Elle commence à s’en rendre compte car une procédure est engagée contre elle auprès du tribunal et nous sommes confiants quand à la sentence qui sera prononcée à son encontre.
Elle a été déchue du titre de Miss Kabylie mais néanmoins elle a voulu se présenter à une émission de télévision pour assurer son autopromotion commerciale. Mais la chaîne de télévision ne pouvait lui offrir ses antennes sans en référer aux propriétaires concours Miss Kabylie. Nous avons bien entendu fait savoir à cette chaîne de télévision notre ignorance de la démarche individuelle de la jeune fille et que si elle souhaite lui ouvrir ses antennes ce sera sans le titre honorifique de Miss Kabylie. Il n’a jamais été question de langue kabyle ou de langue arabe ou de quelques considérations de ce genre. C’est bien un usage du titre de Miss Kabylie à des fins commerciales en piétinant justement les valeurs culturelles kabyles et en donnant une image non adaptée de la femme kabyle qui ont valu à cette jeune fille le retrait du titre Miss Kabylie et ses déboires liés à ses illusions individualistes.
Au fait de rétablir la vérité concernant le comportement inapproprié de la jeune fille nous devons néanmoins souligner celui incompréhensible de ceux qui lui offrent une tribune sans avoir vérifié la véracité de ses propos. Est-ce à dire qu’il suffit de taper sur Mourad AIT AHMED ou sa femme Fériel pour trouver grâce auprès de ces médias ? Notre foi dans le sens des responsabilités des dirigeants de ces journaux qu’il soient électroniques ou traditionnels nous laisserait penser qu’il ne pourrait en être ainsi. Pourtant la tribune offerte à cette jeune fille pour distiller ses mensonges peut semer le doute. Zn tout cas elle est en contradiction avec la noblesse de la mission des médias. Est-ce à dire qu’il suffit de claironner “langue kabyle langue kabyle” en sautant comme un cabri pour être mis sur le devant de la scène ?
La question de la sincérité dans l’action n’est pas nouvelle Cherif KHEDDAM (que dieu ait son âme) l’avait déjà chanté “Wissen ma nekhdhem seggoul negh dhaghroum ifi netssazal” dans sa chanson “avridh ghi gounine idhoul” . Mais s’il est possible de comprendre ceux qui veulent faire de la question kabyle un fonds de commerce car après tout s’ils ont une clientèle … Il n’en est pas de même pour ceux qui ont la responsabilité d’informer, d’expliquer et de clarifier des réalités et situations souvent complexes.
Le minimum que nous pouvons attendre d’eux est justement de rapporter les informations au public est ne pas offrir de tribune au mensonge. Quant à l’équité dans le traitement réservés aux uns et aux autres seule la conscience des responsables de ces médias peut en garantir la préservation.
Les fondateurs et organisateurs du Concours Miss Kabylie, Mourad et Fériel AIT AHMED