Une première. Dans un document officiel, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, reconnaît que des pratiques illicites de détournements de fonds publics gangrènent les administrations de l’Etat. Il s’agit d’une note récente et confidentielle dont Algériepart s’est procuré une copie. Une note dans laquelle Sellal met en garde ses ministres contre l’ampleur inquiétante des diverses pratiques de la corruption au sein de leurs départements. Sellal cite dans cette note des rapports de l’Inspection générale des Finances et appelle ses ministres à enclencher des actions judiciaires à l’encontre de tous les responsables impliqués dans ses manœuvres illégales qui ruinent le pays en cette période de crise financière. 

Pour la première fois, Sellal exprime dans ces termes sa colère à l’encontre de la corruption et adresse de vives remontrances à son équipe. Le ton est volontairement colérique et l’exaspération du Premier ministre se fait sentir à travers le vocabulaire employé dans cette note très sévère. Sellal réclame ouvertement des sanctions exemplaires pour mettre fin à ces pratiques scandaleuses qui entachent la crédibilité des gestionnaires de l’Etat.  Reste à savoir enfin si cette instruction sera réellement mise en vigueur par un gouvernement qui panique face aux dégâts provoqués par le fléau de la corruption. Pour rappel, l’Algérie est classée à la 108ème place, sur 176, dans le monde selon l’Indice de perception de la corruption 2016. C’est dire que notre pays fait encore partie des pays les plus corrompus dans le monde.