L’élection législative de mai 2017 n’a pas drainé les grandes foules. Elle n’a pas non plus voté massivement sur les partis de l’opposition. Les démocrates algériens sont circonscrits à un rôle de figurant dans la future Assemblée populaire nationale.

Ainsi, le RCD, le FFS et le Parti des Travailleurs n’ont pas réussi à engranger plus de 40 sièges dans la chambre basse du parlement. Les trois formations politiques sont laminées et seront réduites au rôle de figurant.

Le grand perdant de ce scrutin est sans doute le Front des Forces socialistes. Le parti fondé par feu Hocine Aït Ahmed a vu son nombre de députés réduit de 27 lors des législatives de 2012 à 14 lors de l’élection de cette année. Pis, le parti, qui a toujours revendiqué une dimension nationale, est réduit à son fief traditionnel. Il n’a pu obtenir des sièges qu’à Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Boumerdès et un autre dans l’émigration.

Plus que cela, le premier secrétaire national de ce parti, Abdelmalek Bouchafa, n’a pas réussi à se faire élire dans sa ville natale de Constantine dans laquelle le parti a obtenu deux sièges en 2012. Dans sa première réaction, le FFS considère que la « l’abstention est les bulletins nuls sont les vainqueurs » de cette élection. Pour cette formation, seul le pouvoir est responsable de cette situation.

L’autre grand parti laïc à perdre beaucoup d’espaces dans cette élection est le PT. La formation de Louisa Hanoune n’a plus que 11 représentants dans cette nouvelle assemblée contre 24 lors du précédent scrutin. Dans sa première sortie publique, la secrétaire générale de ce parti dénonce « un coup d’Etat civil ». « C’est une sanction en raison de nos positions, de nos luttes et de nos soutiens aux syndicats. Depuis 2015, nous ne sommes pas tus. On avait dénoncé la Loi de finances », dira-telle aux journalistes. Elle dénonce une fraude « qui a déjà commencé pendant la campagne », au profit des partis du pouvoir, notamment le FLN et le RND.

De son coté, le RCD n’a obtenu que 9 siège de députés contre 19 il y a une dizaine d’années. La formation de Mohcine Belabbas n’a pas non plus réussi à sortir de la Kabylie et d’Alger. Pire, le RCD n’a obtenu des sièges qu’à Alger, Tizi-Ouzou et Béjaïa.

Essaïd Wakli