23 millions d’Algériens sont appelés à participer, ce jeudi, à l’élection législative. Un scrutin qui semble plus intéresser le pouvoir que la population.

Depuis quelques semaines, le pouvoir a en effet mobilisé tous les moyens à sa disposition pour réaliser un taux de participation élevé. Les autorités ne veulent en aucun cas rater cette occasion qui, en réalité, prépare les autres échéances à venir. A commencer par l’élection présidentielle de 2019.

Mais avant d’arriver là, les autorités veulent à tout prix avoir une assemblée « légitime ». Une légitimité avec une utilité double: conforter l’assise institutionnelle et se doter d’un «fusible» à sauter dès le premier mouvement de rue.

L’année 2018 sera en effet charnière. La loi de finances de l’année prochaine comportera, vraisemblablement, des dispositions qui vont aggraver la situation sociale des populations. De nouvelles taxes seront votées, des restrictions budgétaires seront adoptées. Des mesures qui pourront provoquer l’impatience des populations. Mais pour faire avaler la couleuvre, les autorités ont besoin d’endosser une telle politique à un parlement «légitime». Une option qui permettra au pouvoir de renvoyer la population devant ses choix en cas où elle viendrait à contester une quelconque décision.

Cette «recherche» effrénée de «légitimité» est également expliquée par l’absence prolongée du chef de l’Etat. Une absence qui ne pourra être oubliée que par un parlement plus au moins bien élu. Les Algériens iront-ils massivement voter ? Peu probable.

Essaïd Wakli