Le Président Bouteflika a loué, dans un message adressé à la famille des médias, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, les avancées réalisées dans le domaine de l’information ayant permis l’avènement d’une presse libre et protégée par la constitution. Des déclarations qui interviennent cependant, dans un contexte marqué par la multiplication de critiques d’ONG des droits de l’homme le musellement de la presse en Algérie.  

«Aujourd’hui, l’Algérie est en droit d’être fière des  étapes franchies en matière d’information et de liberté d’expression », a soutenu le président de la République dans un message adressé rendu public à la veille de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de presse.

Après avoir rendu hommage aux nombreux journalistes assassinés dans les années 90, le président de la République a évoqué des “avancées qualitatives” en matière de liberté d’expression. Selon lui, l’article 50 de la constitution révisée constitue un gage pour cette liberté: «La liberté de la  presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux d’information est garantie», soulignant cependant la nécessité de respecter les constantes  et les valeurs religieuses, morales et culturelles de la Nation».

Le premier magistrat du pays a par ailleurs estimé que «les Algériens et Algériennes peuvent  s’enorgueillir de la diversité du champ médiatique écrit, audiovisuel et  électronique, qui nous permet, en dépit des critiques injustes émanant de  voix tendancieuses à l’étranger, d’être à l’avant-garde de l’information et de la liberté de presse dans notre espace islamique, arabe et africain ».

Aux antipodes de ce discours lénifiant, la politique de musellement de la presse a été épinglée à plusieurs reprises par des ONG des droits de l’homme depuis le mois de mars. Le dernier en date est celui de Freedom House qui a estimé que la presse algérienne n’est pas libre. Dans son rapport annuel publié le 30 mars, cette ONG a classé l’Algérie parmi les pays où la presse est mise à mal et sujette aux restrictions de la part du gouvernement. Toujours selon Freedom House, la liberté de la presse en Algérie est comparable à celle du Maroc, de la Russie, de la Chine, de la Bolivie, de la Pologne, de la Hongrie, de la Serbie, de la Libye, de la Turquie et enfin du Burundi.

Pour sa part, Reporters sans frontières a relevé, dans son rapport publié le 27 avril dernier, un recul substantiel de la liberté de la presse en Algérie. Le code de conduite établi par le ministère de la Communication pour contrôler, à la virgule près, la couverture de la campagne électorale, l’annulation du rachat du groupe El-khabar par Issad Rebrab ou encore la mort en prison du journaliste Mohamed Tamalt sont, pour cette organisation, autant d’éléments qui mettent en évidence une réelle volonté du pouvoir à museler la presse.

Massi M.