Une simple vidéo. Un clip intelligent, perspicace produit par un jeune podcaster qui résume à lui-seul tout le mal-être des Algériens et leurs appréhensions. En quelques heures, la vidéo de Dz Joker est devenue un véritable hymne au boycott des élections législatives du 4 mai prochain. En quelques heures, une vidéo a su nous montrer que notre Algérie est divisée en deux. 

Oui, en deux. Il y a effectivement deux Algérie. Celle de Dz Joker, celle des déçus, désenchantés, enragés, révoltés, frustrés. Bref, celle des exclus du système! Et en face, il y a l’Algérie de Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du FLN. Une Algérie des profiteurs, des thuriféraires, des rentiers, des clowns de la mouvance présidentielle, des privilégiés de Club des Pins.

Ces deux Algérie sont antinomiques. Irréconciliables. Elles ne se parlent pas, elles se regardent en chien de faïence. Elles ne partagent tout simplement rien de commun. L’Algérie de Djamel Ould Abbès vit de la ruse, de l’hypocrisie, des complots et des privilèges arrachés au prix de la répression et du monopole du pouvoir. L’Algérie de Dz Joker tangue sur une embarcation de fortune parce qu’elle est quotidiennement malmenée par les vagues de la misère sociale.

Dans leur vision, les tenants de l’Algérie de Djamel Ould Abbès, il n’y a aucune place à l’alternance démocratique, le Président préside jusqu’au trépas. L’oligarque préserve sa fortune et ne paye aucun impôt. Le juge condamne le “zawali” et ne demande pas de comptes aux puissants. Le policier et le gendarme bastonnent le manifestant qui aspire au changement et épargnent le délinquant au col blanc qui déleste le faible. Dans leur vision, les damnés de l’Algérie de Dz Joker n’ont aucun droit de cité. Ils ne croient ni à la politique ni aux politiques. Ils n’accordent leur confiance à aucun mouvement, aucune figure, ils n’adhèrent à aucun programme, ils ne partagent aucune vision du monde.

Le refus le plus absolu face aux mensonges et aux manigances politiques. Et entre les deux, il n’y a rien. Absolument rien. Un pays divisé par un mûr infranchissable. Et une incompréhension qui empêche notre pays d’aller de l’avant. D’où la nécessité d’inventer une toute autre Algérie. Une toute nouvelle Algérie où les dirigeants fédèrent au lieu de diviser. Une nouvelle Algérie où les jeunes rêvent de transformer le monde au lieu de le fuir. Il y va du salutde la patrie.