Les saisons se suivent et se ressemblent pour le football algérien. A la fin de chaque exercice, s’élèvent des voix pour dénoncer des faits de corruption. Mais cela reste souvent sans écho auprès des instances concernées et de la justice.

Trois dirigeants de l’US Biskra, club de la Ligue 2 professionnelle, dont l’actuel président, Saou Ibrahim, ont été condamnés, hier, à Annaba à trois ans de prison ferme pour des faits de corruption. Ces personnes ont tenté de corrompre, la saison dernière, le gardien de l’USM Annaba, un club rival. Même si l’affaire remonte à une année, cette condamnation va mettre de la pression sur les nouveaux responsables de la Fédération algérienne de football (FAF), obligés de réagir pour ne pas donner l’impression d’être comme leurs prédécesseurs restés immobiles face à la corruption qui gangrène le football national.

Dans cet ordre d’idées, la JSM Bejaia a rendu publique, hier, une lettre adressée à la FAF et à la Ligue dans laquelle l’équipe, en course avec  le club incriminé (USB) pour l’accession en Ligue 1, réclame l’application de la loi, notamment l’article 80 du code disciplinaire de la FAF qui stipule qu’un club condamné pour corruption doit être suspendu de la saison en cours et rétrogradé en division inférieure.

Les dirigeants de la JSMB accusent par ailleurs certains autres clubs de «”céder” leurs matchs à leurs concurrents pour l’accession. Les équipes de la Ligue 2 visées sont l’ASM Oran et l’ASO Chlef qui auraient “laissé gagner” leurs adversaires, respectivement l’US Biskra et l’USM Blida.

Il faut dire que les accusations de corruption deviennent récurrentes à la fin de chaque saison lorsque les enjeux d’accession et de rétrogradation deviennent importants. Des matchs sont “vendus” au vu et au su de tous. Ni la FAF ni les autorités judiciaires ne se sont saisies de ces affaires. Les rares dossiers qui atterrissent chez les juges sont ceux dont les personnes “approchées” décident de déposer des plaintes, comme c’est le cas avec Annaba. Pour le reste, ce ne sont que des accusations sans conséquences.

Elyas Nour