Les Algériens croyaient tous que le scandale l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy a été définitivement résolu en janvier 2015 lorsque le Fonds national d’investissement (FNI) prend le contrôle de 51 % du capital de cet opérateur en contrepartie de 2,6 milliards de dollars versés à Global Telecom Holding appartenant au controversé homme d’affaires égyptiens Naguib Sawiris. 

L’Etat algérien pensait ainsi en finir avec un long bras de fer qui avait duré entre 2009 et 2014. Période durant laquelle Djezzy était sous le coup d’une procédure judiciaire lancée par les autorités bloquant toute transaction financière. Naguib Sawiris avait tenté par tous les moyens de nuire aux intérêts de l’Algérie alors que notre pays lui avait concédé des privilèges importants pour faciliter ses investissements. Lui et son frère Nassef Sawiris ont déclenché la colère du gouvernement Algérien en 2007 lorsqu’ils ont cédé Orascom Construction Industrie au groupe français Lafarge pour la somme de 8,8 milliards de dollars. Les français ont acquis par la Société Ciment blanc d’Algérie holding (Ciba) qui regroupe deux cimenteries (M’sila et Mascara). Des cimenteries acquises trois ans plus tôt auprès de l’Etat algérien avec un financement des banques publiques algériennes. Ainsi, Sawiris a pris l’argent des banques algériens en promettant à notre Etat des investissements productifs. Mais, au final, il revend ses activités à un groupe français et empoche une véritable fortune sur le dos de l’Algérie et sans tenir aucune de ces promesses.

Une véritable trahison qui a suscité la colère du Président Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier laisse éclater sa rage le 26 juillet 2008 où il dénonce Naguib Sawiris, cet investisseur “venu investir 700 millions de dollars et qui, au bout de trois ans a généré un bénéfice de 2 milliards de dollars et l’Algérie n’a rien gagné…”.

Mais depuis janvier 2015, Naguib Sawiris a-t-il été vraiment éjecté de Djezzy comme Vicenzo Nesci, le PDG de Djezzy, nous le fait croire ces dernières années ? La réponse est, malheureusement, non ! En effet, le mensonge du premier manager de Djezzy voile une terrible vérité. Celle qui nous apprend qu’après avoir empoché encore 2,6 milliards de dollars, en plus des 8,8 milliards gagnés en 2007, Naguib Sawiris détient encore un pouvoir de décision et des actions au sein de Djezzy !
Algérie-Focus s’est procuré ces deux schémas réalisés par les équipes de Vimpelcom, l’autre actionnaire de Djezzy. Ces deux schémas démontrent clairement que les égyptiens sont encore actionnaire de notre opérateur de téléphonie mobile à travers l’entreprise Global Télécom Holding (GTH), une entreprise où Naguib Sawiris détenait encore jusqu’au mars 2017 des parts importantes comme nous l’avons révélé et expliqué dans notre article précédent à propos des troublantes relations qui lient encore Vicenzo Nesci à Naguib Sawiris.
Des relations secrètes mais dangereuses puisqu’elles compromettent les intérêts directs de l’Algérie ciblée encore par la voracité de l’homme d’affaires égyptiens qui continue à réclamer à notre pays encore d’autres milliards de dollars comme il a été expliqué par nos soins dans cet article. 
Ainsi, Naguib Sawiris a en réalité vendu ses parts aux russes de Vimpelcom avec lesquels il est actionnaire de GTH. Et c’est par le biais de cette filiale égyptienne que Vimpelcom est entré en 2015 dans le capital de Djezzy aux côtés de l’Etat algérien et du groupe privé Cevital. Aujourd’hui encore, l’obscurité demeure totale sur la place qu’occupe réellement Sawiris dans ce montage financière. Quoi qu’il en soit, à la lumière de ces schémas, il est mensonger et malhonnête d’affirmer que Sawiris a été “dégagé” de Djezzy puisqu’il y apparaît encore dans les structures des principaux actionnaires de cet opérateur.
Une position qui explique, peut-être, le maintien de Vicenzo Nesci à la tête de Djezzy en dépit de toutes les contre-performances dans lesquelles est impliqué ces dernières années le manager français. Reste à comprendre enfin le silence étrange et intriguant des autorités algériennes.