En signant un accord-cadre, début avril à Alger, les deux compagnies pétrolières, la française Total et l’algérienne Sonatrach, ont décidé d’enterrer la hache de guerre. Selon le journal français le Monde, Les deux groupes ont signé une «paix des braves» et décidé, entre autres, de cesser toutes les poursuites judiciaires qui minent leurs relations depuis une dizaine d’années.

Le pacte, signé lundi dernier, prévoit à la fois de mettre fin aux contentieux entre les deux groupes et de lancer de nouveaux projets communs avec, notamment, l’exploitation d’un nouveau gisement ainsi que la construction d’une usine de plastique pour environ un milliard de dollars (945 millions d’euros). «On met de côté nos différends, on tourne la page et on avance », résume Patrick Pouyanné, P-DG de Total, cité par le journal Le Monde.

Selon l’accord de principe, signé à Alger lors de la visite de Bernard Cazeneuve, les deux groupes renoncent aux actions en justice engagées. Total va continuer à exploiter son seul gisement algérien en service, celui de Tin Fouyé Tabankort (Centre-Est), au-delà du contrat actuel, qui s’arrête en 2019 : «On repart pour vingt ans, dans de nouvelles conditions », se réjouit-on chez Total.

Un nouveau cadre a également été négocié pour la mise en exploitation, mi-2018, du gisement de gaz de Timimoun, à 800 kilomètres au sud-ouest d’Alger. Total en détient 38 % des parts, ajoute la même source.

Selon Le Mondel, au début de l’automne 2016, M. Pouyanné est allé voir le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, pour lui proposer de négocier une paix des braves. «La crise a permis de se parler franchement, raconte le P-DG de Total. On a mis sur la table tous les contentieux et commencé à examiner comment on pouvait rebondir». Et c’est cette rencontre qui a permis de débloquer la situation.

Essaïd Wakli