L’Algérie est en crise financière et s’inquiète pour ses perspectives d’avenir. Faut-il pour autant désespérer ? Non, loin s’en faut car notre pays est vaste et demeure entièrement inexploité.

Et le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le reconnaît clairement : “la vaste superficie de notre pays est un avantage et  non pas un obstacle” estimant que “les atouts importants de ces régions  dans le secteur de l’agriculture, de l’industrie et des services n’ont pas  encore été exploités de façon optimale, en dépit du fait qu’elles soient  des réserves importantes de richesse et d’emploi”, a-t-il expliqué lors de son déplacement dans la wilaya de Djelfa.

Il est à noter que les chiffres confirment le constat de Sellal. Prenons, par exemple, le cas d’une seule wilaya : M’sila.  Les terres valables à l’agriculture dépassent 1 700 000 hectares dans cette wilaya. Mais, malheureusement, seulement 12% sont actuellement exploités.  Et pourtant, rien que dans cette wilaya, il est possible d’étendre les superficies des terres agricoles et de fourrage, en vue de réduire la facture des importations, en sus de faire de M’sila un pôle dans l’agriculture, qui approvisionnerait plusieurs wilayas en viande et en fourrages.

De nombreuses autres wilayas subissent le même gâchis. Et il n’y a pas que l’agriculture. Preuve en est, l’Algérie possède encore  de nombreuses richesses naturelles qui demeurent inexploitées à l’exemple du zinc, le cuivre, l’uranium, l’or, l’aluminium sont, entre autres. L’agence nationale des mines, chargée d’exploiter pour le compte de l’État les richesses de ce secteur, lance souvent des avis d’appel d’offres pour l’exploitation de mines. Mais elle trouve rarement de preneurs.

Il faut savoir que l’Algérie détient 20% des réserves mondiales de “terres rares” dans son sous-sol. Un atout pour le développement des technologies de pointe dans le pays. Non, le sous-sol algérien n’est pas seulement riche d’or noir. Nous avons déjà évoqué dans nos colonnes les ressources hydrauliques renfermées dans le sous-sol saharien de l’Algérie. D’après des spécialistes interrogés par nos soins, pas moins des deux tiers de l’eau, contenue dans la Méditerranée, gisent sous les pieds des habitants du désert algérien.

Ces minerais peuvent rapporter des milliards et des milliards de dollars à notre pays s’ils étaient exploités avec le savoir-faire nécessaire. Africommodities, une banque de données des matières premières des 53 Etats d’Afrique, a  inventorié tous les gisements développés et non développés de l’Algérie. La valeur financière de ces gisements sur la base de la cotation de chaque produit sur le marché mondial est supérieure à… 2600 milliards $. La même base de données avait noté que l’Algérie n’aurait besoin que de 200 milliards $ pour se doter des infrastructures de base modernes, soit environ 7,6% de la valeur financière globale des tous ses gisements de matières premières.

Ces chiffres démontrent que notre pays est entièrement abandonné et reste l’un des pays les plus inexploités au monde. Un désert vierge qui regorge de richesse. Une richesse qui n’a pas trouvé encore les dirigeants compétents capables de la fructifier.