Les partis politiques ont toujours crié à la fraude électorale. Mais les preuves ont souvent manqué pour attester de cette grave violation des règles démocratiques. Cinq ans après les élections législatives de 2012, des documents, dont nous possédons des copies, attestent que dans certaines régions, le nombre de députés attribués à chaque formation politique ne reflète nullement les résultats des procès verbaux établis au niveau local.

Ainsi, à Constantine, le Front des Forces socialistes (FFS) n’a obtenu que 1,6% des suffrages, mais l’administration lui a attribué deux sièges de députés. Pourtant, la loi est claire : sous la barre des 5%, aucun parti ne peut prétendre à un siège au parlement. Il en est de même pour les wilayas de Bordj Bou Arréridj et Bouira où le même parti a obtenu des scores inférieurs à 5 %, mais il dispose de parlementaires issus de ces régions.

Le RND, sorti second à l’échelle nationale derrière le FLN, ne figure second que dans de rares circonscriptions. Le parti de Ouyahia était distancé par les formations islamistes ou par de petits partis politiques, à l’image du FNA, du FJD ou du MPA.

C’est une preuve supplémentaire que l’attribution des sièges relève du fait du prince. Une pratique que dénoncent de nombreux partis politiques qui participent pourtant aux élections législatives de cette année !

Essaïd Wakli