Le gouvernement à pris un décret réglementant la production et la commercialisation du café le 26 février dernier, entré en vigueur récemment. Le décret élaboré sur la base d’une étude menée par le ministère du Commerce en réponse aux appels de détresse lancés par des associations de consommateurs et autres organisations professionnelles ayant, à maintes reprise, dénoncé la présence d’additifs à des taux dangereux, comme le sucre, dans le café torréfié.       

Le décret en question a été élaboré sur la base des recommandations formulées par l’étude menée par ministère du Commerce, où plusieurs infractions ont été relevées, notamment, dans la production du café moulu. L’une des infractions majeures concerne le sucre ajouté lors du processus de torréfaction.

Le décret a en effet fixé dans ses articles 14, 19, 20, 26 le taux de sucre autorisé et les indications faisant état de sa présence sur les étiquettes. Dans l’article 14, le décret indique que «l’extrait de café sous forme liquide peut contenir des sucres alimentaires, torréfiés ou non, dans une proportion ne dépassant pas 12 % en poids».

Concernant le café dit « torréfié au sucre», le décret prévoit des taux de sucre, de caramel et d’amidon bien inférieurs aux 5% fixés selon les standards internationaux. Le texte indique à ce sujet que le taux de ces composants ne doit nullement dépasser les 3% au cours du processus de torréfaction ou pour l’enrobage des grains du café.

Le texte prévoit également des dispositions relatives à l’affichage du taux de sucre sur les étiquettes. «La dénomination de vente ” café torréfié au sucre”, ” café moulu torréfié au sucre “, doit être complétée par l’indication du taux et du type de sucre ajouté avec le même caractère et la même taille d’écriture, de manière visible, lisible et indélébile et doivent figurer dans le même champ visuel principal de l’emballage du produit», est-il indiqué dans l’article 26.

Cette loi vient donc soulager les associations et les organisations professionnelles ayant interpellé à maintes reprises le gouvernement au sujet du danger que représente le bourrage en sucre, lors du processus de torréfaction, sur la santé des citoyens. Intervenant en décembre dernier pour dénoncer ce type de pratique, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), Boulenouar Hadj Tahar, a indiqué que les torréfacteurs se livraient à toute sorte de dérives pour faire mousser leurs affaires. Ces deniers ajoutent, selon lui, des additifs dangereux lors du processus de torréfaction, parmi eux le sucre.

Ainsi, plus de 80% du café disponible sur le marché contiendrait de 20% à 30% de sucre ajouté en additif. Le problème est que ces cafés sont les plus consommés eu égard à leurs prix relativement accessibles.

Pour nombre d’observateurs, il sera très difficile pour les organismes de contrôle de démasquer les fraudeurs car, selon eux, la marchandise présente sur le marché n’est pas uniformisée dans la mesure ou les lots d’une marque donnée ne comportent presque jamais des taux d’additifs fixes.

Massi M.