Ouargla, la capitale de l'”or noir” en Algérie, fait fuir les investisseurs et rebute les prétendants qui veulent y implanter des projets industriels. Et pour cause, sa seule et principale zone industrielle connait un état de délabrement très alarmant. Le foncier industriel, recherché désespérément dans les autres régions du pays, est saccagé et détruit sous les yeux des autorités locales et du ministère de l’Industrie d’Abdesslam Bouchouareb qui ne bouge nullement le petit doigt pour arrêter ce “massacre”.

Les photos parlent d’elles-mêmes. Des hangars pillés, des locaux détruits, des anciennes usines et entreprises entièrement ruinées, la zone industrielle située au coeur de la ville d’Ouargla, à la rue de Ghardaïa plus précisément, est le parfait symbole de la faillite de la gouvernance économique de notre pays. Naguère avec ses entreprises comme Enaditex, Etrapmo, ONACO,  Enafroid ou Sonitex, cette zone procurait du travail à des milliers de personnes lançant ainsi le développement économique en plein coeur du Sahara algérien. Aujourd’hui, malheureusement, cette zone se vide de ses entreprises et n’attire aucun investisseur en raison de son délabrement. Une situation catastrophique causée par la mauvaise gouvernance locale et une direction de l’Industrie à laquelle personne ne demande des comptes.

Ni routes bitumées, ni infrastructures dignes de ce nom, ni équipements publics pour revaloriser cette zone, l’abandon est total. Un gâchis qui intervient au moment où le gouvernement essaie de nous faire croire qu’il veut réindustrialiser le pays pour se libérer de la dépendance vis-à-vis du pétrole en pleine crise financière. Des vœux pieux. Rappelons enfin que l’Algérie dispose actuellement de 72 zones industrielles couvrant une superficie de plus 12 000 hectares. En 2012, 87,703 milliards DA, à savoir près de 870 millions de dollars, ont été débloqués pour aménager et gérer 42 nouvelles zones industrielles. Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait toujours pas comment tout cet argent a été utilisé, géré et investi. Monsieur Abdesslam Bouchouareb  vend aux entreprises de nouvelles zones industrielles alors que les anciennes demeurent inexploitées et abandonnées. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la transparence de la gestion du foncier industriel de notre pays.