L’édito de ce mardi 4 avril publié dans les colonnes du quotidien francophone l’Expression suscite une véritable polémique sur les réseaux sociaux. 

“Du haut de ses escarpins Zara, cette femme sent le crottin”. Cette phrase avec laquelle Ahmed Fattani a commencé son édito est au coeur d’une véritable polémique. Pour dénoncer le bilan médiocre de Houda Iman Feraoun, le directeur de l’Expression a recouru à des termes inélégants qui laissent transparaître une misogynie crasseuse. Si certains griefs avancés par Ahmed Fattani sont parfaitement crédibles, le vocabulaire volontaire machiste employé par un journaliste, de surcroît expérimenté, porte atteinte à l’intégrité morale de la ministre et viole la déontologie journalistique.

Une femme ne peut être aucunement réduite à ses habits ou à ses traits physiques. Une femme ministre est d’abord critiquable pour ses actions et son programme. Et pourtant, Ahmed Fattani prend le soin de noter que Houda Imane est aguichante et séduisante. Le fantasme érotique prend rapidement le dessus sur l’objectivité journalistique. Le directeur de l’Expression a certainement le droit de critiquer celle qu’il qualifie de “la Duchesse de Sidi Bel Abbès”. Mais une “Duchesse” qui sent le “crottin”, mais qui demeure tout de même “séduisante” et “aguichante”, n’a pas sa place dans un édito.