L’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a émis de sévères critiques à l’encontre de la “charte” adressée par le département de Hamid Grrine à l’ensemble des médias algériens dans le cadre de la couverture médiatique des élections législatives du 4 mai prochain. Selon RSF, le pouvoir algérien cherche à museler les médias à la veille de ce rendez-vous électoral.  

«Le gouvernement algérien, au nom d’une soi-disant éthique, cherche en fait à bâillonner les journalistes à la veille des prochaines élections», a affirmé Virginie Dangles, responsable à RSF, dans communiqué intitulé Nouvelle dérive autoritaire du gouvernement algérien envers la presse à l’approche des élections, mis en ligne lundi, sur le site Internet de l’ONG.

Le communiqué met en relief des atteintes graves à la liberté de la presse tout en soulignant un paternalisme inadéquat de la part du ministre de la Communication. « Le ministre de la Communication, Hamid Grine, a adressé aux médias le 28 mars 2017 deux documents pour le moins choquants. En plus d’user d’un ton paternaliste et inapproprié, la charte interdit aux médias de “donner la parole aux personnes appelant au boycott” (article 2), “de faire des télé-trottoirs durant la campagne électorale” (article 7) ou encore de “diffuser des débats et déclarations politiques, susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique et à l’État et/ou pouvant donner lieu à des dérapages contraires à l’éthique journalistique et politique” (article 10) », souligne le communiqué.

Mme Dangles a par ailleurs évoqué les dispositions de la nouvelle loi fondamentale garantissant la liberté de la presse (Art 41 ter), ainsi que la liberté de l’information (Art 41 quarter). L’Algérie a également ratifié depuis 1989 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), souligne-t-elle, ajoutant que ce traité protège dans son article 19 la liberté d’expression.

RSF invit en outre «les journalistes algériens à consulter leur guide pratique du journaliste en période électorale, édité en 2015 avec l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et destiné aux professionnels amenés à couvrir une période sensible de la vie politique algérienne».

Massi M.