Le sit-in organisé la semaine passée pour dénoncer l’humiliation de l’écrivain Rachid Boudjedra va avoir un prolongement. Des écrivains, intellectuels et d’autres personnalités s’apprêtent à lancer une initiative visant à faire voter une loi qui interdira le « takfir ».

L’initiative est lancée par l’écrivain et ancien directeur général de la bibliothèque nationale d’Algérie, Amine Zaoui. L’homme, dont certains écrits progressistes n’ont pas toujours plu aux islamistes, estime qu’il est temps de « mettre fin à l’anarchie qui règne dans le domaine de la religion ». Une situation qui fait que « certains se permettent d’agresser des intellectuels au nom de la religion ». L’adoption d’une telle permettra notamment de donner un appui juridiques aux intellectuels et autres personnalités qui seront victimes de ces comportements.

L’idée d’aller vers la proposition d’une loi criminalisant le « takfir » est venue suite au calvaire qu’a vécu, récemment, l’écrivain et intellectuel Rachid Boudjedra. L’homme a été malmené dans une émission de caméra cachée diffusée sur Ennahar TV. Il a notamment subi des réprimandes à propos de ses convictions religieuses.

Ce n’est pas la première fois que des hommes de lettres ou des artistes affrontent des fatwas. En 2015, l’écrivain et journaliste Kamel Daoud était visé par une fatwa émise par le salafiste Hamadache. Ce dernier a appelé à la mise à mort du journaliste pour « apostasie ». Avant Daoud, l’écrivain Kateb Yacine et le chanteur Lounès Matoub avait fait l’objet d’avis appelant les musulmans à ne pas les enterrer dans un cimetière musulman à cause de leur orientation religieuse.

Saïd Sadia